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15-09-2005

 

Il y a des jours comme ça où l’on devrait se fier à ses intuitions…

Une soirée prévue depuis quelques temps déjà, une soirée pour dire au revoir à l’une d’entre nous qui part étudier à plusieurs centaines de kilomètres de notre vie parisienne si bien installée. Une appréhension quelques heures avant d’y aller, pas envie de croiser certaines personnes, pas envie de faire semblant. Raisons stupides mais j’ai la prétention de penser que ce n’est pas de ma faute. Finalement ce ne fut qu'un échange froid et indifférent, mais rien de dramatique.
 
Et puis un invité non prévu, auquel je n’avais pas pensé. Une amitié en miette depuis un an, l’incompréhension, un vide. J’étais habitué à son silence, son défaut de communication, son incapacité à expliquer. Mais moi au fond de la salle, lui à l’autre bout si gai, je n’ai pas pu me contenir. Voix qui tremble, yeux mouillés je ne peux plus articuler correctement. Et c’est à ce moment là qu’on me demande si ca va…
 
Le premier mot qui sort d ema bouche se transforme en larmes. J’essaie de me retenir, je tourne la tête, je pense à autre chose… vains efforts. Il me faut de l’air, respirer, effacer cette image qui trotte dans ma tête. Il y a deux ans, ma place aurait été auprès de lui, partageant son rire. Aujourd’hui ma place est dehors, je gêne, je n’ai pas le droit d’être triste parmi tous ces gens. J’ai mal et personne ne peut m’expliquer, je subis sans mot dire depuis trop longtemps et pour la première fois j’explose. Jettant à la cantonnade de fausses excuses, je sors me calmer loin de toute cette joie que je ne supporte plus. Mes voisins me suivent pour me montrer que je ne suis pas si seule. C’est dur de se sentir abandonné par celui que l’on croyait sincère, proche, aimant. Trois voix me répètent que la vie est ainsi faite, de gens qui changent qui font des choix et que c’est certainement dur mais que je ne dois pas me mettre dans des états pareils pour quelqu'un qui n’en vaut visiblement pas la peine. Je sais au fond de moi que ces voix sont celles de la raison, mais j’ai de la peine. Deux cigarettes plus tard, il faut regagner la fête. Je les suis à reculons.
 
Où est mon Alice ? Qui mieux qu’elle pourrait me comprendre ce soir ? Je fais une apparition le temps d'embrasser trois ou quatre joues et je prends mes affaires. J’abandonne la partie. J’ai tort peut être mais je ne tiendrai pas plus longtemps. Je veux rentrer, pleurer tranquillement, me saôuler pour oublier et me coucher si ivre que je ne penserai plus.
 


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