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19-02-2006
Dans deux heures, mes parents seront en double file devant mon immeuble et attendront que je descende. Nous allons déjeuner avec mes grands parents, pour l’anniversaire de l’un d’entre eux. L’occasion pour nous de bien manger au frais de la princesse, et pour eux de se dédouaner en nous invitant au restaurant. Voilà à quoi se résument nos relations. Mon grand père ne sera là qu’en apparence, en réalité il sera plongé dans son monde, dans ses pensées, dans son sommeil très rapidement. J’ai de la peine de le voir vieillir un peu plus chaque année. La première fois qu’il m’a confondu avec ma mère, j’ai eu un choc. Je l’ai longtemps critiqué mais finalement c’est lui qui a du cœur. Il a pleuré quand j’ai eu mon bac, il se réjouit trois jours à l’avance quand on doit lui rendre visite. Quant à ma grand-mère elle va nous parler du chien de la voisine, des histoires du village, du prix de tout de ce que contient son frigo et me dire que j’ai maigri. Ma mère et moi allons faire semblant d’écouter et ne parlerons qu’entre nous. Mon père, le gendre pourtant, est le plus compréhensif de nous trois. Il va se forcer à participer à cette conversation insipide « parce que cela leur fait plaisir et que ça distrait ta grand-mère ». Je n’arrive plus à faire semblant. Je ne supporte pas l’air condescendant de ma grand-mère qui pense que parce qu’elle nous aide encore financièrement on se doit de la brosser dans le sens du poil. Ses réflexions lancées l’air de rien par courrier et son ton mielleux devant mes parents me font bondir. Mais là j’ai une grande nouvelle à lui annoncer : j’ai du travail, un salaire qui va tomber chaque mois, je n’ai plus besoin de son aide, elle va pouvoir garder ses petits sous rien que pour elle. J’ai hâte de voir ça ! Allez, on les voit deux fois par an, je prends sur moi et je me dit que ce n’est qu’un mauvais moment à passer…
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